Ephéméride national breton : 25 décembre 1986, disparition de Moadez Glanndour, poète de langue bretonne

Ephéméride national breton : 25 décembre 1986, disparition de Moadez Glanndour, poète de langue bretonne

[ISTOR BREIZH] Maodez Glanndour, dit également Loeiz ar Floc’h, Louis Augustin Le Floc’h à l’état-civil (né en 1909 à Pontrieux et mort le 25 novembre 1986 à Louannec), est un prêtre catholique et un écrivain breton de langue bretonne.

Recteur de Louannec, il est le créateur de diverses revues en langue bretonne : Studi hag Ober, consacrée à la recherche théologique, à l’édition de textes liturgiques pour les célébrations religieuses en langue bretonne ; Kaieroù Kristen ; Gwerin « précieuse collection » (Y.B. Piriou) consacrée à l’édition de collectes folkloriques de chansons bretonnes populaires ; Ar Bedenn evit ar Vro.

Ces revues, parues principalement entre 1940 et 1970 de façon assez sporadique, étaient par définition réservées à des publics motivés.

Auparavant il a participé à la réforme de l’orthographe unifiée du breton en 1941.

Il est l’auteur de plusieurs traductions en langue bretonne des textes grecs des Évangiles et des textes originaux hébreux de la Bible en collaboration avec l’Abbé Gwilherm Dubourg avec qui il travailla sur ce projet commun pendant de nombreuses années.

L’essentiel de son œuvre est constitué par ses poèmes, recueils tels que Troellennoù Glas (Les Spirales bleues), Bragerizoù Ene (Les Bijoux de l’âme), parus en 1937 et en 1939 dans Gwalarn, grands poèmes tels que « Imram » (« Navigation ») (Sterenn, 1941), « Milc’hwid ar serr-noz » (« Le mauvis du crépuscule ») (1946), qui a été traduit en français par Armand Robin.

L’ensemble, à l’exception du « Milc’hwid », a été réuni en 1949 en un recueil : Komzoù bev (Paroles vivantes) réédité en 1984 par Al Liamm. En 1949, également, « Telenngan d’an teir vertuz » (« Ode aux trois vertus »). En 1951, « Kanadeg evit Nedeleg » (« Cantate pour Noël « ) rééditée en 1984 par Al Liamm avec « Milc’hwid ar Serrnoz » en un volume sous le titre de Telennganoù. En 1979, « Vijilez an deiz diwezhañ » (« Nocturne du dernier jour »), le dernier et peut-être le plus dense de ses grands poèmes, le plus prophétique. En 1983, « Va levrig skeudennoù » (« Mon petit livre d’images »). Pour Yann-Ber Piriou, “c’est un de nos plus grands poètes contemporains. D’aucuns disent même le plus grand.”.

Maodez Glanndour était également philosophe. Deux recueils de textes chez Al Liamm, Kregin-mor (Coquillages marins) 1987, Dre inizi ar Bed Keltiek (Par les îles du monde celtique) 1991.

Il a également beaucoup étudié la littérature orale (chants…), et a effectué de nombreux collectages. On lui doit, en collaboration avec Jean-Pierre Foucher, un recueil de poèmes populaires de Bretagne (2 tomes chez 10-18, 1977), Le Brasier des ancêtres (édition bilingue). 

Pour rejoindre le PNB : [email protected]

Éphéméride nationaliste : le 29 octobre 1942, Yann Kerlann fonde la première école en langue bretonne

Éphéméride nationaliste : le 29 octobre 1942, Yann Kerlann fonde la première école en langue bretonne

« Vous avez à apprendre l’Histoire de vos Ancêtres, vous avez à apprendre le breton, oui, à le lire et à l’écrire correctement. Vous avez à retrouver l’Esprit de la Race en parlant, en lisant, en écrivant, en chantant en breton !… Alors se lèvera de nouveau une Bretagne bretonne où les Bretons seront honorés, auront retrouvé leur fierté, où l’on parlera breton, un breton correct, nettoyé de ses gallicismes, qui sera enseigné dans nos écoles… »

Yann Kerlann

 

De l’hiver 1942 à juin 1944, une expérience scolaire inédite a lieu à Plestin-les-Grèves (Trégor) : la création d’une école privée en langue bretonne. Ce projet est porté par Yann Kerlann (Jean Delalande), membre du mouvement brittophone Ar Falz. Bien que cette expérience ait été de courte durée, elle s’inscrit dans les premières tentatives d’enseignement du breton et/ou en breton qui se développeront tout au long du XXe siècle.

Dans une lettre datée du 29 octobre 1942, l’instituteur Armand Keravel (1910-1999), membre de Ar Falz, exprime tout l’enthousiasme qu’il éprouve à l’annonce de l’ouverture prochaine d’une école en langue bretonne à Plestin-les-Grèves :

Gourc’hemennou eta eo e kasan dit, pa glaskez sevel hon hunvre deomp holl : eur skol vrezonek – ha breizat penn da benn. [Je te félicite donc d’essayer de réaliser notre rêve à tous : une école en langue bretonne, et entièrement bretonne.]

Son ami et camarade d’Ar Falz, Jean Delalande dit Yann Kerlann (1910-1969), se retrouve en effet en charge d’un projet qui n’a encore jamais été expérimenté jusqu’à présent : la mise en place d’un enseignement primaire entièrement en langue bretonne. Si quelques initiatives d’enseignement du breton avaient déjà eu lieu, hors de l’école ou dans le cadre de l’arrêté Carcopino de décembre 1941 la tâche qui se présente à Kerlann est immense car tout est à construire dans le domaine pédagogique. Comme l’écrit Keravel :

Gant eul labour a-bouez braz – ouspenn gant eul labour RAMZEL, gouzout a ran – eo e krogez eno. Eun dra kalonek ive. Ha d’it-te e vo an enor da zigeri ar c’henta skol vrezonek.

[Tu vas démarrer là-bas un travail très important – plus que cela, un travail de GÉANT. Quelque chose de courageux aussi. Et c’est à toi que reviendra l’honneur d’ouvrir la première école en langue bretonne.]

L’école de Plestin voit le jour à la fin de l’année 1942 et l’expérience se poursuivra jusqu’en juin 1944. Le contexte n’est pas anodin : alors qu’une grande partie de l’Emsav fait le choix de l’alliance avec l’Allemagne nouvelle contre l’occupant français, plusieurs projets se développent dans le courant de l’année 1941 comme la création de l’Institut celtique, la mise en place d’une nouvelle orthographe du breton, des émissions en breton à la radio, de même qu’un effort de propagande sans précédent émanant du PNB, repris par Raymond Delaporte depuis décembre 1940. Avec une portée symbolique forte, bien que de dimension modeste, le projet de l’école de Plestin s’inscrit dans cette série de réalisations diverses.

Kerlann et Keravel, membres d’Ar Falz depuis 1933, s’interrogent depuis longtemps déjà sur la manière d’enseigner le breton. Dans leur correspondance, il est plusieurs fois question des pratiques pédagogiques de « l’école émancipée », promues notamment par le pédagogue suisse Adolphe Ferrière ou par Célestin et Élise Freinet. Ainsi, pour l’école de Plestin, l’usage de tables individuelles légères avec des chaises pliables, faciles à déplacer en fonction des activités, y compris en extérieur, est envisagé. Dans ses lettres, Keravel donne à Kerlann des conseils pédagogiques : utiliser la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture ; favoriser les compositions qui permettent aux élèves d’écrire en toute liberté ; alterner les activités collectives et individuelles ; ne pas donner de travail écrit aux plus jeunes ; établir une correspondance avec une autre classe ; créer un journal et une coopérative scolaire ; enfin, privilégier les activités manuelles à l’extérieur : jardinage ou élevage de lapins, par exemple. Cette expérience s’inscrit également, pour Kerlann, dans le modèle d’apprentissage des langues locales à l’école que Raymond Delaporte, notamment, avait pu observer lors de voyages en Irlande et au pays de Galles à la fin de l’été 1938.

Yann Kerlann, en tant que nationaliste et révolutionnaire breton, est persécuté par le régime gaullo-communiste, mais les bases du renouveau linguistique sont jetées et se matérialiseront définitivement avec la création de Diwan, 34 ans plus tard.

Documents de Yann Kerlann accessible sur l’IDBE

Pour rejoindre le PNB : [email protected]

Enseignement immersif du breton “autorisé” par Paris : le Parti National Breton réaffirme que seule l’indépendance permettra de sauver la langue bretonne

Enseignement immersif du breton “autorisé” par Paris : le Parti National Breton réaffirme que seule l’indépendance permettra de sauver la langue bretonne

La censure par le Conseil Constitutionnel français, il y a quelques mois, de l’apprentissage de la langue bretonne par immersion a gravement mis en danger le réseau d’écoles Diwan. Spécifiquement ciblées par le ministre français de l’Education, Jean-Michel Blanquer, les écoles Diwan vivent depuis dans l’incertitude, résultat de l’accentuation des pulsions autoritaires d’un état jacobin fragilisé.

La promulgation par l’Etat Français, le 16 décembre 2021, d’une circulaire reconnaissant l’enseignement par immersion a été salué par certains comme un “progrès”.

Le Parti National Breton, lucide sur les intentions de l’Etat Français pour tout ce qui touche la nation bretonne, n’est pas dupe de la manœuvre de Paris. Il dénonce un leurre politique peu coûteux qui ne vise qu’à calmer temporairement la colère du peuple breton à la veille d’élections présidentielles françaises. Ce texte n’a aucune valeur juridique définitive, si ce n’est celle que veut bien lui prêter le gouvernement français qui l’a rédigé.

Le Parti National Breton réaffirme que seule l’indépendance de la Bretagne permettra d’apporter une réponse globale à la question de la survie de la langue bretonne. L’Etat Breton, en rendant l’enseignement du breton obligatoire à tous les niveaux d’enseignement, garantira la survie de la dernière langue celtique du continent européen.

Dans l’immédiat, le Parti National Breton exige :

  • le transfert par Paris de toutes les compétences relatives à l’éducation vers l’actuel “Conseil Régional de Bretagne”.
  • la constitution d’un enseignement public en langue bretonne de la maternelle à l’université placé sous l’autorité du président de “région” dans le cadre de ces compétences transférées.
  • l’enseignement obligatoire du breton à l’ouest de la ligne Loth.
  • l’allocation d’urgence de 10% du budget annuel (160 millions d’euros) du “Conseil Régional de Bretagne” aux écoles du réseau Diwan afin de poser les fondations du futur enseignement public national en langue bretonne.

L’enseignement de la langue bretonne en Bretagne n’est pas quelque chose que la nation bretonne peut marchander avec l’oppresseur français. C’est un droit sacré pour lequel le Parti National Breton combattra sans relâche.

Breizh Atav !

Le Kuzul Meur du Parti National Breton

Pour adhérer au PNB : [email protected]