
Communiqué du Parti National Breton
Le Parti National Breton apporte son soutien aux pêcheurs mobilisés et appelle à donner à la Bretagne les moyens de conduire elle-même sa politique de la mer
La nouvelle crise qui frappe les pêcheurs démontre une fois encore la fragilité dans laquelle se trouve une activité essentielle à la Bretagne. La hausse brutale du carburant menace directement la rentabilité des sorties en mer, la rémunération des équipages et la survie de certains armements. La pêche bretonne représente aujourd’hui environ 1 140 navires, 4 000 marins et 45 % de la pêche hexagonale. Elle constitue une activité économique majeure, mais également un élément fondamental de la vie et de l’identité bretonnes.
Le Parti National Breton soutient donc les revendications immédiates permettant aux pêcheurs de continuer à travailler. Les dispositifs de compensation du prix du carburant doivent être rapides, lisibles et effectivement versés. Les entreprises momentanément mises en difficulté doivent pouvoir bénéficier de mesures de trésorerie et, lorsque la sortie en mer devient économiquement impossible, de mécanismes temporaires adaptés. Les décisions réglementaires concernant la pêche doivent enfin être prises avec les professionnels et évaluées en fonction de leurs conséquences économiques autant que de la nécessité de préserver durablement les ressources halieutiques.
Mais subventionner périodiquement le litre de gazole ne constitue pas une politique maritime. Les mêmes crises reviennent parce que les causes structurelles demeurent : flotte vieillissante, dépendance énergétique, insuffisance des investissements, accumulation de normes provenant de plusieurs niveaux de décision et absence d’un véritable centre de décision maritime breton.
La Bretagne doit administrer elle-même sa mer
Le Parti National Breton propose donc d’aller beaucoup plus loin. Conformément à son programme de transition vers l’autonomie, il demande le transfert à la Bretagne d’un bloc cohérent de compétences concernant la pêche, les ports, l’aquaculture, le littoral, la planification maritime et les énergies marines, avec les moyens financiers correspondants.
Ces compétences seraient réunies au sein d’une Autorité bretonne de la mer, travaillant directement avec les organisations professionnelles, les ports, les criées, les entreprises de transformation, les chantiers navals et les organismes scientifiques. Son rôle ne serait pas d’ajouter une administration supplémentaire : il serait au contraire de réunir des responsabilités aujourd’hui dispersées afin qu’une stratégie maritime soit décidée et conduite en Bretagne. C’est précisément l’une des étapes prévues par le programme de transition du PNB vers l’autonomie.
Cette autonomie maritime doit également concerner la réglementation. Le programme de transition du PNB prévoit que la Bretagne obtienne progressivement un pouvoir normatif dans les compétences transférées, accompagné d’études d’impact et d’un corpus réglementaire breton identifiable. Pour la pêche, cela signifie que les règles pouvant être décidées à l’échelle bretonne devraient l’être en Bretagne, en tenant compte simultanément de la situation des stocks, des caractéristiques des flottilles et de la viabilité économique des entreprises.
Un plan breton de renouvellement de la flotte
L’urgence énergétique doit devenir l’occasion de moderniser profondément la flotte. Le PNB propose qu’une Bretagne autonome mette en place un programme pluriannuel de renouvellement et de modernisation des navires, destiné prioritairement aux armements réellement implantés dans les ports bretons.
L’objectif ne serait pas d’augmenter mécaniquement les capacités de capture, mais de réduire la consommation par tonne débarquée, améliorer les conditions de travail et la sécurité, renouveler les motorisations lorsque les technologies sont suffisamment mûres et soutenir la construction et la réparation navales en Bretagne. Cette orientation correspond au principe retenu dans le document stratégique du PNB “Breizh 2040” : augmenter le rendement économique de la pêche dans les limites biologiques disponibles, en privilégiant la valeur ajoutée, la transformation, la traçabilité et le renouvellement de la flotte.
Cette politique devra être pragmatique. Il serait irresponsable d’imposer aux pêcheurs une technologie qui ne serait pas encore adaptée à leurs conditions réelles de navigation. Le gazole restera nécessaire pendant une période de transition. Mais la Bretagne doit utiliser cette période pour diminuer progressivement sa vulnérabilité aux crises pétrolières.
Produire davantage de valeur en Bretagne
Le problème de la pêche ne se résume pas au nombre de tonnes débarquées. Une politique nationale bretonne doit chercher à conserver une part beaucoup plus importante de la valeur ajoutée en Bretagne : criées modernisées, mareyage, transformation, conservation, logistique frigorifique, commercialisation et exportation.
Les ports bretons doivent donc être pensés comme les éléments d’un même système économique maritime. Brest, Lorient, Concarneau, Le Guilvinec, Douarnenez, Saint-Malo, Saint-Quay-Portrieux, Roscoff, Nantes et Saint-Nazaire ont des fonctions différentes mais complémentaires. L’objectif doit être de constituer autour d’eux des filières permettant au poisson pêché par les flottilles bretonnes d’être davantage transformé et valorisé en Bretagne.
Cette orientation est déjà inscrite dans “Breizh 2040” : la mer doit être considérée simultanément comme espace de pêche, d’aquaculture, de commerce, d’énergie, de recherche, de construction navale et d’activités portuaires, avec une planification maritime commune plutôt qu’une juxtaposition de politiques sectorielles.
De l’aide au carburant à la souveraineté énergétique
Enfin, la crise actuelle rappelle une évidence : une nation maritime dont la flotte dépend entièrement des variations internationales du pétrole demeure vulnérable.
Le plan du PNB “Breizh 2040” prévoit donc que la politique énergétique bretonne ne porte pas seulement sur l’électricité, mais également sur les carburants stratégiques. Le programme envisage biométhane, biocarburants avancés, biomasse marine, algues et, lorsque les conditions économiques et énergétiques le permettront, carburants synthétiques. L’objectif affiché n’est pas une autarcie pétrolière irréaliste, mais une capacité bretonne minimale à produire les carburants indispensables aux activités stratégiques.
La pêche doit naturellement faire partie de ces activités prioritaires. Le PNB propose donc que l’Autorité bretonne de la mer et l’Agence bretonne de l’énergie conduisent ensemble un programme « Flotte bretonne 2040 », associant pêcheurs, motoristes, chantiers navals, universités et industriels afin de tester les solutions réellement utilisables en mer avant leur généralisation.
Gouverner la mer depuis la Bretagne
La crise actuelle pose finalement une question beaucoup plus importante que celle de quelques centimes supplémentaires ou retranchés au litre de gazole : qui doit décider de l’avenir maritime de la Bretagne ?
Pour le Parti National Breton, la réponse est claire. La Bretagne doit progressivement acquérir les compétences, les ressources fiscales, les administrations et le pouvoir réglementaire nécessaires pour gouverner elle-même ses affaires maritimes. Le programme de transition prévoit précisément que chaque compétence nouvelle soit accompagnée d’une ressource identifiable administrée progressivement en Bretagne, afin que l’autonomie soit une responsabilité réelle et non un simple transfert administratif.
Soutenir aujourd’hui les pêcheurs signifie donc répondre à l’urgence. Préparer demain signifie rendre à la Bretagne la maîtrise de sa mer.
Parti National Breton — Strollad Broadel Breizh









